Les collectivités françaises gèrent des centaines de milliers d'ouvrages d'art : ponts routiers, passerelles, murs de soutènement, buses, viaducs… La plupart ont été construits entre les années 1950 et 1980 et arrivent aujourd'hui à un âge où leur surveillance devient un enjeu majeur. Face à des budgets contraints, il devient impossible d'inspecter ou de rénover tous les ouvrages au même rythme. La donnée devient alors un véritable outil d'aide à la décision.
📊 La donnée pour évaluer le risque
Un pont n'est pas uniquement évalué lors d'une visite terrain.
Aujourd'hui, de nombreuses collectivités croisent déjà plusieurs sources d'information :
- l'âge de l'ouvrage
- les résultats des inspections précédentes
- le trafic quotidien
- le passage de poids lourds
- les épisodes de sécheresse ou d'inondation
- les mouvements de terrain
- les caractéristiques géologiques
- les interventions de maintenance
Chaque donnée apporte une pièce supplémentaire au puzzle et permet d'établir une hiérarchie des priorités.
L'objectif n'est plus uniquement de constater une dégradation, mais d'anticiper son apparition.
🤖 L'intelligence artificielle arrive sur les ponts
Les drones, les caméras haute définition et l'intelligence artificielle permettent désormais de détecter automatiquement certaines anomalies comme les fissures, la corrosion, les déformations, ...
Ces outils ne remplacent pas l'expertise des ingénieurs mais permettent de concentrer les inspections humaines sur les ouvrages les plus sensibles.
Certaines collectivités expérimentent également des capteurs installés directement sur les ponts afin de mesurer en continu vibrations, déplacements ou variations de température.
🚨 Des initiatives déjà bien engagées
Le Cerema accompagne depuis plusieurs années les collectivités dans la gestion de leur patrimoine d'ouvrages d'art. Son programme SOS Ponts a notamment permis d'aider de nombreuses petites communes à réaliser un premier diagnostic de leurs ponts.
Les départements développent également leurs propres systèmes d'information patrimoniaux afin de suivre plusieurs milliers d'ouvrages sur un même territoire, avec une vision historique des inspections et des travaux réalisés.
A terme, ces informations pourront alimenter de véritables jumeaux numériques des infrastructures.
🗺️ Derrière chaque pont, une multitude de données géographiques
La surveillance d'un ouvrage repose sur des données très variées mais essentiellement géographiques :
- référentiel routier
- orthophotographies
- modèles numériques de terrain
- géologie
- occupation du sol
- risques naturels
- trafic
- météo
- hydrologie
C'est le croisement de ces jeux de données qui permet d'obtenir une vision complète de l'environnement de chaque ouvrage.
💡 Et pour les collectivités de Bourgogne-Franche-Comté ?
La Bourgogne-Franche-Comté possède un patrimoine particulièrement riche en ouvrages d'art, qu'il s'agisse des grands axes routiers, des nombreuses vallées, des ouvrages ferroviaires ou encore des ponts franchissant la Saône, le Doubs, l'Yonne ou la Loire.
Dans ce contexte, disposer de données fiables, géographiques et régulièrement mises à jour constitue un levier essentiel pour prioriser les inspections, planifier les investissements et partager une information commune entre les différents acteurs.